Ce cours propose une sorte de trilogie, qui peut être étoffée et divisée en deux classes à chaque stade. L’idée étant que ce tryptique prendrait sens par les interconnexions qu’il crée. Mon approche est avant tout littéraire et philosophique, mais elle sera systématiquement illustrée par des applications concrètes issues de la réalité quotidienne et de l’art.
Une proposition de Maud Granger Remy
1. Le langage postcapitaliste
En partant de constats simples sur l’invasion du langage par les noms de marque, montrer comment les mots se détachent des objets auxquels ils réfèrent, pour devenir des signes, sonores et visuels, d’une identité formatée par l’industrie. Cette « privatisation » du langage implique et entraîne la disparition de l’humain, qui n’est plus qu’une enseigne à logos.
Le phénomène économique de la globalisation, peut s’entendre dans la langue même, et se révèle dans l’apparition d’une langue globale ou globalisée. Cette « novlangue » de la mondialisation efface les frontières linguistiques et culturelles, et met en échec la traduction, contribuant à effacer les identités et leur ancrage historique dans un territoire. Elle ouvre une zone franche, neutre et aseptisée, au sein de laquelle toute communication apparaît privatisée.
La question devient alors : comment l’apparition de cette langue affecte la culture ? est-elle facteur d’enrichissement ou au contraire d’apauvrissement ? comment influe-t-elle sur les mentalités ?
Cet exposé théorique sera expérimenté par une mise en scène de ce langage à travers une discussion, qui permettra ensuite d’ouvrir le débat et de jouer sur les mots. Cette parite sera intitulée « Les singes articulés ». A partir de présupposé d’un langage privatisé, deux personnes déguisées en costume de singe, portant des chaussures de sport de marque s’entretiennent de la vie quotidienne. Le principe est d’expérimenter le brand –dropping. ( pour l’inspiration, voir cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=psQLa5tThJE).
Intervenants : Jeanne Granger et Victor Costales
2. Fictions posthumaines
En partant d’oeuvres littéraires et cinématographiques contemporaines, tenter de définir la posthumanité, qui correspondrait à un moment de l’histoire et de la culture où le principe humain est remis en question. De nombreux facteurs peuvent être évoqués pour expliquer le posthumanisme : le poids du virtuel, les processus de désincarnation, le règne de l’immatériel. On pourra ainsi explorer le rapport problématique et parfois conflictuel avec ce qui n’est pas humain : aliens, intelligences artificielles, clones. Mais aussi les conséquences d’un tel conflit sur la perception des genres, et le rôle de la femme dans ce questionnement.
On évoquera entre autres les romans de Michel Houellebecq, Bret Easton Ellis, William Gibson, on analysera de courtes séquences de Alien, Soylent Green, Pleasantville.
La question centrale serait : Dans quelle mesure l’autre produit par l’homme permet-il de comprendre ce que c’est qu’être homme ? et, dans ces conditions, à quoi se réduit notre humanité ?
3. Postcapitalisme et Posthumanisme
En partant de la réflexion menée par André Gorz et Naomi Klein sur la sortie du capitalisme, proposer des pistes permettant d’identifier les conséquences de la logique capitaliste sur les comportements, les perceptions, et surtout les structures identitaires. L’influence de la rationalité économique sur les mentalités contribue à forger des individus déracinés, déconstruits, désorientés. Observer où se rejoignent les processus mécaniques de l’industrialisation, et ceux, psychiques, de la culture dans son ensemble. Analyser les rapports entre la multiplication des objets, et la disparition des hommes ; entre le mythe du progrès et de la croissance, et la réalité de la misère (sexuelle, culturelle) et de la dissolution des identités.
On procèdera à des micro-lectures des penseurs du postcapitalisme, et on tentera d’illustrer leur propos à travers l’évocation de scènes de la vie quotidienne.
La question à se poser, au-delà des alternatives possibles, est celle de l’avenir de l’homme dans le monde post industriel, et la fonction essentiel que doit jouer l’art dans son émancipation.
- Dates
- June 5, 2010 at 3:00pm
June 12, 2010 at 3:00pm
June 19, 2010 at 3:00pm - Location
- Bétonsalon
- Facilitator
- Maud Granger, Victor Costales, Jeanne Granger
- Limit
- non
- Fee
- aucun





Comment
Bonjour, Nous sommes intéressés par cette proposition. Voici des dates proposées pour en savoir plus : 26 mars ou 27 mars dans l'après-midi ou en soirée.
Ceux qui souhaitent en savoir plus peuvent se joindre à cette réunion.
mélanie
6 Mar 2010 5:13AM
Le cycle de trois cours est rebaptisé
« J’ai l’impression d’être une cuisse de poulet sous cellophane dans un rayon de supermarché »
Le découpage en trois séances est maintenu, le postcapitalisme sera envisagé dans son aspect linguistique (avec les Singes Articulés), puis esthétique (littérature et cinéma), et enfin politique (dans la perspective des travaux d'André Gorz).
MGR
30 Mar 2010 7:42AM
les dates des cours : 29 mai, 5 juin et 12 juin.
6 Apr 2010 3:07PM
Les dates des cours ont changé: ils auront lieu les 5, 12 et 19 juin à 15H. L'ordre est aussi modifié: le premier cours portera sur l'esthétique, le deuxième sur la linguistique et le dernier sur la politique.
26 May 2010 4:48AM
Nouveau descriptif mis à jour:
"Je me sens comme une cuisse de poulet sous cellophane au supermarché"
Trois cours sur la fin de l'humanité
1. Fictions posthumaines (5 juin)
En partant d’oeuvres littéraires et cinématographiques contemporaines, tenter de définir la posthumanité, qui correspondrait à un moment de l’histoire et de la culture où le principe humain est remis en question. De nombreux facteurs peuvent être évoqués pour expliquer le posthumanisme : le poids du virtuel, les processus de désincarnation, le règne de l’immatériel. On pourra ainsi explorer le rapport problématique et parfois conflictuel avec ce qui n’est pas humain : aliens, intelligences artificielles, clones. Mais aussi les conséquences d’un tel conflit sur la perception des genres, et le rôle de la femme dans ce questionnement. On évoquera entre autres les romans de Michel Houellebecq, Bret Easton Ellis, William Gibson, on analysera de courtes séquences de Alien, Soylent Green, Matrix.
La question centrale serait : Dans quelle mesure l’autre produit par l’homme permet-il de comprendre ce que c’est qu’être homme ? et, dans ces conditions, à quoi se réduit notre humanité ?
2. Le langage postcapitaliste (12 juin)
En partant de constats simples sur l’invasion du langage par les noms de marque, montrer comment les mots se détachent des objets auxquels ils réfèrent, pour devenir des signes, sonores et visuels, d’une identité formatée par l’industrie. Cette « privatisation » du langage implique et entraîne la disparition de l’humain, qui n’est plus qu’une enseigne à logos.
Le phénomène économique de la globalisation, peut s’entendre dans la langue même, et se révèle dans l’apparition d’une langue globale ou globalisée. Cette « novlangue » de la mondialisation efface les frontières linguistiques et culturelles, et met en échec la traduction, contribuant à effacer les identités et leur ancrage historique dans un territoire. Elle ouvre une zone franche, neutre et aseptisée, au sein de laquelle toute communication apparaît privatisée.
La question devient alors : comment l’apparition de cette langue affecte la culture ? est-elle facteur d’enrichissement ou au contraire d’apauvrissement ? comment influe-t-elle sur les mentalités ?
Cet exposé théorique sera expérimenté par une mise en scène de ce langage à travers une discussion, qui permettra ensuite d’ouvrir le débat et de jouer sur les mots. Cette parite sera intitulée « Les singes articulés ». A partir de présupposé d’un langage privatisé, deux personnes déguisées en costume de singe, portant des chaussures de sport de marque s’entretiennent de la vie quotidienne. Le principe est d’expérimenter le brand –dropping. ( pour l’inspiration, voir cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=psQLa5tThJE).
Intervenants : Jeanne Granger et Victor Costales
3. Postcapitalisme et Posthumanisme (19 juin)
En partant de la réflexion menée par André Gorz et Naomi Klein sur la sortie du capitalisme, proposer des pistes permettant d’identifier les conséquences de la logique capitaliste sur les comportements, les perceptions, et surtout les structures identitaires. L’influence de la rationalité économique sur les mentalités contribue à forger des individus déracinés, déconstruits, désorientés. Observer où se rejoignent les processus mécaniques de l’industrialisation, et ceux, psychiques, de la culture dans son ensemble. Analyser les rapports entre la multiplication des objets, et la disparition des hommes ; entre le mythe du progrès et de la croissance, et la réalité de la misère (sexuelle, culturelle) et de la dissolution des identités.
La question à se poser, au-delà des alternatives possibles, est celle de l’avenir de l’homme dans le monde post industriel, et la fonction essentielle que doit jouer l’art dans son émancipation.
26 May 2010 5:41AM
pourquoi ça change tout le temps???
27 May 2010 7:56AM
Perso (et cela est peut être déplacé, je m'en excuse) mais à "La question à se poser, au-delà des alternatives possibles, est celle de l’avenir de l’homme dans le monde post industriel, et la fonction essentiel que doit jouer l’art dans son émancipation.", je réponds : peinture
12 Jun 2010 1:24PM